A dos de vélos

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Monday 19 August 2013

Respirer, sourire, s'émerveiller et remercier!!!

Petit clin d’œil !...

Que dire au bout de ces quelques 9500 km ?

Clairement, ce fut bon… Vivre dehors, chevaucher le vélo (presque) tous les matins avec toujours ce vent de liberté, pas de téléphone, de factures, d’agenda, de RDV, de ménage, quel bonheur !



Manger par terre ou camper ne nous a jamais gênés, hormis les 3 mois où nous avons dormi tous les 4 dans la même tente, le strict minimum et le manque apparent de confort n’a jamais été un problème. Nous n’avons pas eu de souci de santé, hormis la dengue, en raison d’une bonne immunité liée à la vie active en pleine air et une alimentation plus saine. Nous avons beaucoup aimé la nourriture asiatique, malgré son manque de variété, pas de produits laitiers, peu de sucre, beaucoup de légumes cuits, des fruits succulents. Nous avons expérimenté à quel point nous mangions trop avant de partir. En vélo, il faut porter, donc on achète le strict nécessaire, et ça suffit. Mais dès qu’il y a abondance, on se lâche… Les habitudes sont difficiles à changer, mais on est motivé pour manger différemment : pour se sentir mieux, et faire un pied de nez (à notre petit niveau) à l’industrie agro-alimentaire.

Les difficultés n’ont pas été là où on les attendait. Sandfly en Nouvelle Zélande et moustiques ailleurs nous ont bien pris la tête. Le plus dur fut les conflits parfois violents avec l’un de nos fistons. Voyage certainement trop long, ras le bol du vélo, et surtout… des parents. Il nous a fallu beaucoup parler, nous adapter, changer nos plans, parfois nous disputer en raison d’un désaccord sur la manière de réagir. Et espérer que cette ouverture sur le monde laissera des traces durables et positives.



Nous avons le sentiment d’avoir plutôt bien réussi à vivre le présent, à profiter du chemin, des rencontres, de la nature, à ne plus avoir peur de ne pas savoir où dormir. Chaque petite galère fut suivie d’une belle expérience. Le défi à venir sera de garder cet état d’être dans notre nouveau quotidien qui s’annonce d’emblée plus difficile ! En déballant nos cartons, nous nous demandons que faire avec tout ça… « Privilège » du riche…

Quant à la petite reine, elle nous a enchantés : c’est pour nous le plus merveilleux moyen de voyager. Nous lui devons nos plus beaux souvenirs. Et on recommencera, c’est certain. Merci infiniment à vous tous qui nous avez suivis, encouragés, retrouvés, y compris dans le silence, et surtout à tous ceux que nous avons croisé sur notre chemin, nous leur devons de merveilleux instants.

Pas de grands bouleversements, mais des petits changements plus subtils. A suivre !

Merci la Vie…

l'arrivée

Ces derniers km ont été vécus bien différemment par les différents protagonistes. Les enfants étaient ravis de rentrer, depuis le temps qu’ils attendaient ce moment… Quant à nous…

Sur la plaine du Treige, nous avons été doublés par Delphine. Retrouvailles totalement improbables. Puis par Lilian, petit copain d’Ulysse. Puis nous avons croisé Youssef…

Et nous voilà sur la place du village ce 14/08, presque 1 an plus tard. La boucle est bouclée. Il fait beau. Les enfants sont déjà en vadrouille. Leur bonheur fait plaisir à voir. Au moins une bonne raison de rentrer ! Philippe, Fanny et Laetitia sont là, puis le téléphone arabe fonctionne bien et on retrouve une bonne partie des copains du village pour papoter, boire un coup et amorcer le retour en douceur.

Le lendemain, Gabriel nous fait la surprise de venir donner un coup de main à déménager. Pendant une fraction de seconde, Véro se demande qui est ce grand gaillard. C’est incroyablement bon de se retrouver.

Après l'Eurovélo 6

Et voilà, nous avons repris un petit bout de l’Eurovélo6 au retour d’Aalen, avant de la quitter définitivement pour rejoindre Donau Eschingen et la source du Danube, puis la forêt noire direction Freiburg. Les grands-parents des enfants, Danièle alias Mamoune et Bruno alias Papoune, ainsi que leur tonton Sylvain nous ont retrouvé sur la route pour 5 jours. Bruno avait loué un camping-car pour que Danièle puisse venir et le binôme vélos/camping-car a de nouveau bien fonctionné. Sylvain et Bruno se sont relayés au volant pour pouvoir pédaler un peu avec nous. C’était bon de se retrouver, les enfants ont beaucoup joué avec Sylvain et étaient ravis. Jeux de société, trampoline, pédalos sur le Titisee avec bataille de pistolets à eau (moyennement appréciée par Danièle!), soirée resto pour clôturer la journée de pluie, très belles voies cyclables le long du Danube, 1ère nuit à la belle étoile pour les enfants. Irène et Martin, nos amis allemands, nous ont fait la surprise de nous retrouver en forêt noire pour faire la connaissance des parents de Véro et ont chargé tout le monde le lendemain pour Eichstetten alors que Bruno, Danièle et Sylvain reprenaient la route pour Seynod.

Nous avons finalement passé presque 5 jours chez Martin et Irène, où il fait toujours bon vivre. Au programme escalade, slac line, baignade, balade à vélo, dentiste pour Ulysse (son seul problème de santé du voyage) en attendant le retour de Marianne (notre dentiste préférée), quelques petits coups de main dans la maison, et bien d’autres choses encore… On commence à penser sérieusement au retour, désireux de retrouver la maison tout en réalisant tout ce que l’on va quitter, en particulier une vie de nomade en plein air qui nous a beaucoup plu…

Martin nous a emmenés en voiture à Bâle, et nous avons repris nos vélos pour passer un joli petit col dans le Jura Suisse avant de redescendre sur Solothurn par des chemins forestiers et de toutes petites routes. Nous étions attendus chez Heinz, rencontré sur l’Eurovélo6 en Serbie. Nous y avons mangé une raclette… et avons une fois de plus été reçus très chaleureusement.



Le lendemain, direction lac de Bienne, accompagnés par la pluie. Nous avons trouvé un endroit sympa pour passer la nuit avec un abri bienvenu au vu de la météo très humide ce jour-là. A minuit, nous sommes réveillés pas des lampes torches et des voix d’hommes qui nous interpellent : 2 gars de la sécurité du camping d’à côté nous disent qu’on n’a pas le droit de rester là, que le terrain appartient au camping mais rien n’est écrit. Ils nous laissent 2 solutions : partir ou donner nos passeports et payer le camping le lendemain. Nous refusons. Nous avons alors droit à la visite de 2 policiers un peu plus tard dans la nuit. Nous voilà en pyjama devant les 2 vigiles et les 2 flics, obligés de donner nos 4 passeports, les données sont transférées au central pour vérifier que nous ne sommes pas de dangereux malfaiteurs, les enfants sont inquiets de devoir reprendre les vélos en pleine nuit… Le lendemain, on paye les 44 CHF pour pouvoir récupérer nos passeports. Manu avait déjà une affection toute particulière pour les Suisses allemands, alors là ! Mais bon, on ne peut pas gagner à tous les coups, 1ère fois qu’on a des soucis de bivouac en 1an, ça va ! On a donc demandé à des particuliers rencontrés sur le chemin pour les bivouacs suivants : le champ d’Ernest au-dessus du lac de Neuchâtel (mais de l’autre coté), le verger de Jean-Marc dont la femme élève des chats norvégiens (maison totalement aménagée pour eux, étonnant…)… Du coup on ne s’est pas arrêté à Neuchâtel car nous avons pris la route qui passait de l’autre côté du lac, nous n’avons donc pas vu les amis et la famille qui habitent par là-bas et également quelqu’un qui le vaut bien (elle comprendra si elle lit ce billet).

Véro s’est réveillée avec un torticolis, tout lien avec le retour étant totalement fortuit ! Nous avons également dormi sous le porche d’un refuge le long de l’autoroute et d’une station d’épuration, moins sympa. La route jusqu’à Morges au bord du lac Léman est très belle. Nous avons monté la tente une dernière fois dans un petit camping à quelques km de Genève. Petit coin de paradis, baignade avec en prime quelques puces de canard. Passage en France et disparition brutale des aménagements cyclables, sans commentaire. Nous n’avons pas réussi à rattraper Ulysse dans le mont Sion ! Dernier stop à Cruseilles chez cousin-cousine, très apprécié par petits et grands.

Wednesday 24 July 2013

Merci les amis

L’Autriche : on y aura passé peu de temps (désolé Irène !). Deux jours à Vienne, avec entre autre la visite du musée des enfants, au château de Schönbrunn. Nous avons eu droit à un concert dans la cour du château, un beau moment. Question vélo, nous avons beaucoup aimé les gorges (qui changeaient des longues lignes droites monotones sur les digues…) et quelques chouettes villages dont celui de Dornstein où 3 vieux anglais ont chanté « Happy Birthday » à Ulysse le jour de ses 8 ans. Ce jour-là, nous avons également eu accès gratuitement à la piscine, jour de ré-ouverture après les inondations.

L’Allemagne : nous sommes admiratifs du réseau cyclable et de la culture vélo pour se déplacer, y compris chez les anciens ; on voit de plus en plus de vélos électriques. Les énergies renouvelables sont également très présentes avec des panneaux sur presque tous les toits, recouvrant souvent toute la surface. Chez Stephanus et Dorothée à Passau (warmshower adorables), la machine à laver est commune pour tout l’immeuble et c’est habituel. On a également été agréablement surpris de ne jamais avoir eu de problèmes lors de nos bivouacs « sauvages », y compris avec le camping-car de nos copains. Par contre, les connexions internet free sont inexistantes, il est même impossible de trouver de l’internet dans la plupart des campings, on ne peut pas (toujours) payer avec une carte Visa ou Master Card, les infos dans les sites touristiques ne sont souvent qu’en allemand. Surprenant…



On a passé 10 jours avec Yasmine, Youssef, Magyd et Yohanna. Super chouette. La combinaison vélos/camping-car a été plus simple que prévu, bonne ambiance, beau temps, Zacharie et Ulysse ont mis un gros coup frein sur les kilomètres à vélo en profitant du camping-car avec grand plaisir, nous étions ravis de mettre un peu de distance entre nous et avons découvert avec soulagement que certains conflits et comportements exaspérants chez nos fistons se retrouvaient chez les copains (…). La tente de Laurence et Vincent nous a permis de retrouver un espace décent (et séparé) pour dormir ! Nous avons tenté une escapade dans le parc national au nord de Passau pour changer de la monotonie de l’Eurovélo6 mais un peu dur pour les enfants. Nous nous sommes baignés dans les eaux chaudes de Zwiesel, dans le Danube pour certains, sommes allés goûter les bières à l’abbaye de Weltemburg (les gars étaient bien déçus après avoir fantasmé pendant des jours sur la BierParadise), avons visité quelques villes dont Passau, Regensburg, les souffleurs de verre à Zwiesel. Nous avons également partagé nos soirées moustiques après quelques jours de répit… moins cool.

Nous nous sommes ensuite à nouveau déroutés de l’Eurovélo6 pour aller rendre viste à Ursula à Aalen (amie des parents de Véro). La route était bien (suffisamment !) vallonnée mais magnifique et les bivouacs splendides. Nous avons demandé un soir à mettre la tente dans un champ ; Maria-Luise, la voisine, nous a proposé douche et petit déj allemand le lendemain matin. A Aalen, nous avons visité l’ancienne mine de fer et avons été reçus comme des rois chez Ursula, avant de reprendre la route pour retrouver les parents de Véro et un de ses frérots. Le retour à la maison se précise, on vous fera part de nos impressions dans le prochain billet… et certainement le dernier. Et oui…

Sunday 30 June 2013

Des cadeaux du ciel

Nous sommes un peu las de notre nomadisme et surtout de chercher tous les soirs un lieu pour dormir, ce qui devient plus difficile depuis que nous avons quitté la Turquie. Mais cette recherche quotidienne nous a réservé de belles surprises.

Nous avons dormi une nuit dans un presbytère de l’église réformée ; nous avons demandé à mettre la tente dans le jardin après qu’on nous ait déconseillé le parc municipal. Eva, la pasteur, nous a proposé le presbytère puis Lazlo nous a apporté plein de choses à manger ; cerise sur le gâteau, quelques morceaux d’orgue au petit matin dans une belle église lumineuse et dépouillée.

A Vac, nous avons été accueillis chez Ildiko, Philippe et leurs 5 enfants. Nous l’avons pris comme un cadeau du ciel : nous avions passé une journée pénible à cause du 2ème effet kiss-cool des crues, les moustiques. Globalement, ils nous emm… sérieusement depuis la Roumanie, mais là ce fut le pompon. Nous longions de Danube, observant le désastre causé par les inondations, lorsque nous nous sommes retrouvés dans 10 cm de bout, vélos bloqués, obligés de pousser et de « lutter » contre des milliers de moustiques. Zach avait perdu ses sandales dans la boue et hurlait, Manu était tombé avec le tandem, et avait des bras noirs : pas un cm de peau n’était épargné par ces horribles bestioles. Le temps de sortir de cet enfer, il ne s’était pas écoulé plus de 10 mn mais nous devions avoir l’air de piteuses créatures, plein de boue, tout rouge à cause d’une chaleur étouffante, plusieurs dizaines (voir une centine) de piqures sur les membres et le visage, et des kilos de boue sur les vélos. Les policiers que nous avons croisés juste après étaient désolés… Bref, ce jour-là, nous n’avions toujours pas trouvé où dormir à 20h, entre pensions beaucoup trop chères pour notre budget, zones infestées de moustiques rendant le camping sauvage délicat, et camping fermés, dévastés par la crue. Nous « tombons » alors sur Philippe dans la rue. « Do you speak english ? » la question désormais traditionnelle à laquelle la réponse est étonnamment souvent négative. « oui, je parle aussi français ». Et nous voici en train de monter la tente dans le jardin, puis de partager le repas, puis le petit déj, et quelques heures de discussion. Une famille vraiment très chouette qu’on espère vraiment pouvoir un jour accueillir à la maison.

Autre rencontre formidable chez Eniko et Attila en Slovaquie, juste après la frontière Hongroise. Après 50 km de vent (inutile de préciser en pleine face), nous venions de nous heurter à un accueil plutôt hostile dans un bar enfumé à la recherche d’un bout de terrain. Nous demandons dans une école, pour finir dans le jardin de Eniko et Attila. Eniko, inquiète de l’orage qui arrive, nous prépare une chambre. Il faut se remettre à l’allemand. Eniko nous explique les difficultés liées à la partition de toute cette région, de la chute de l’empire Austro-Hongrois à la création de la Slovaquie en 1995. On est en Slovaquie mais les gens ici sont Hongrois et ne se reconnaissent pas dans ce pays neuf qu’est la Slovaquie. Dans le village, tout le monde parle Hongrois, y compris à l’école ! Elle nous parle aussi des difficultés économiques, que l’on retrouve malheureusement dans tous les pays traversés. Ici, un salaire moyen est de 300 euros. Un F3 dans un immeuble de Bratislava se loue 650 euros… Eniko et Attila ont une exploitation agricole familiale où ils produisent patates et oignons. Les pommes de terre sont achetées par un grand groupe (dont on taira le nom) au-dessous du prix de revient ! Ils viennent de construire une magnifique pension pour essayer de diversifier leur activité ( le website www.dumet.sk sera actif d’ici quelques semaines). Ils étaient fiers de nous montrer la ferme et l’hôtel, que nous avons visité avec beaucoup de plaisir. Les garçons se sont éclatés dans les tracteurs (dérapages et rodéo !), fenwick, quad… Le pied ! Gisella, la maman d’Eniko, nous a chanté du Piaf en Hongrois. Elle fait partie d’un groupe folklorique et nous a montré les photos des costumes traditionnels.

Nous avons également passé 2 jours chez Ezther, Rolland et leurs 4 enfants à Baja, rencontrés dans le cadre des warmshower. Ils accueillent régulièrement du monde alors qu’ils n’ont que 3 chambres pour 6 et des journées bien chargées. Les enfants étaient ravis de pouvoir jouer avec d’autres, nous avons goutté un délicieux goulash et eu droit à un petit cours d’histoire politique par Rolland qui parle un anglais parfait. L’évolution politique actuelle semble un peu inquiétante, avec entre autre des réformes constitutionnelles et électorales qui concentrent le pouvoir. Nous avons également appris un peu plus sur l’histoire récente de la Hongrie à Budapest, du nazisme au ravage du communisme et de la police secrète.

Laurence et Vincent, des amis du village, nous ont rejoints à Budapest pour 5 jours. Nous sommes arrivés la veille après avoir été guidé par un prof de gym hongrois qui se baladait en vélo et qui nous a très gentiment proposé de nous emmener jusqu’au camping. Nous l’avons suivi pendant 20 km en priant pour que les feux passent au rouge, tellement le rythme était soutenu ! Nous avons passé une nuit dans ce tout petit camping super sympa sur les hauteurs de Budapest (camping AVE NATURA). La gérante est adorable et a besoin d’un coup de pouce

http://www.campingavenatura.hu/index.php?option=com_content&task=view&id=29&Itemid=68||camping Budapest

Laurence et Vincent avaient trouvé des chambres à louer dans Budapest à un prix défiant toute concurrence. Quel bonheur d’avoir de la place pour dormir ! Nous avons sillonné Budapest en vélo, et miracle, Manu a enfin ralenti le rythme, et respecté la signalisation… Merci les copains ! Comme quoi, il n’y a pas que Véro qui se noie derrière l’animal… Le temps était splendide, la ville très belle. Les enfants ont été (presque) adorables. Nous avons barboté un après-midi dans des piscines d’eau thermale, Ulysse a visité le zoo avec Laurence, nos papilles se sont faits plaisir, bref, une halte nécessaire et très agréable. Personne n’était franchement motivé pour repartir le lendemain .

Sinon, on ne s’éclate pas sur les routes. Paysages plutôt monotones, tout est plat (bon OK, on râlait aussi quand ça montait trop !). On ne croise guère de cyclistes, probablement à cause des crues et des chemins non praticables. Les enfants ont inventé une nouvelle expression : « la danse des moustiques », c’est-à-dire les repas que l’on prend en tournant en rond l’assiette dans la main quand les moustiques nous aiment trop ! Le temps est toujours aussi perturbé, on passe de 40° à 16° d’un jour à l’autre. Aujourd’hui, c’est glacial. Dans quelques jours l’Autriche, puis l’Allemagne et les retrouvailles avec Yasmine et Youssef.

Entre l’écriture du billet et sa publication, il y a eu Brastilava en Slovaquie et la rencontre avec Barbora et Alzbeta, puis Tomas, George, Melinda et toute l’association Cyklokuchyna. Nous sommes arrivés le jour de la manifestation mensuelle qui milite notamment pour des aménagements cyclables dans les villes. Le thème ce mois-ci : la France ! Et en soirée, projection du film « Les triplettes de Belleville » avec 6 cyclistes pour produire l’énergie nécessaire pour la projection. Le fût de bière était mis sous pression avec une pompe à vélo, la soupe à l’oignon préparée au feu de bois ! Trop bien, comme diraient les enfants…

et on le publie de Vienne (en Autriche)....

Monday 10 June 2013

L'étape Serbe

Nous avons passé une quinzaine de jours en Serbie.

Le pays est assez sympa et joli, les maisons sont dans le style (globalement) européen avec une tendance vers les grosses maisons allemandes ou autrichiennes.

Tout est propre et parfois « un peu léché », on comprend donc un peu plus les commentaires des gens qui font L’Eurovelo 6 sur la Roumanie ; ils quittent le confort mental « de pays riches » (façon de parler car on ne pas dire que la Serbie soit un pays riche) pour arriver dans un « pays pauvre ». Cela peut être déroutant de prime abord si on reste sur ses préjugés et ses peurs souvent infondées.

Cependant les gens ici sont plus accueillants (bien que l’alcool de prune en cours de route ne soit pas une réussite pour pédaler !) et ils ont compris l’intérêt économique que peut être cette voie cyclable. On trouve donc de nombreux endroit pour dormir, boire un verre ou manger.



La nourriture est peu chère et les campings (hormis à Belgrade) ou même les chambres d’hôtel sont abordables. On peut même louer un appartement pour environ 30 euros. On fait beaucoup de camping « sauvage », de plus en plus souvent dans les villages où on a facilement de l’eau.

Passer dans les gorges du Danube, voir les portes de fer (barrages sur le Danube), l’immense visage sculpté dans la roche, et également l’endroit le plus étroit du fleuve a été un vrai plaisir. Les enfants ont été ravis de passer la vingtaine de tunnels, non éclairés ! On s’est fait avoir sur le premier, avant de sortir 2-3 loupiotes, histoire de ne pas avoir l’impression de rouler les yeux fermés.

Les quelques montées sont passées comme une lettre à la poste et ont mis un peu de piment à ces journées. L’itinéraire est de facile à très facile car il est globalement très plat, mais aussi très monotone avec d’immenses champs cultivés.

Nous avons depuis le début le vent en pleine face, mais tout le monde en prend son partie et s’habitue à cette situation, si bien que les rares fois où nous l’avons dans le dos ou si une petite bosse se pointe à l’horizon, tout le monde se réjouit de l’évènement et du changement d’altitude. On n’habite pas en montagne pour rien…..

La traversée de Belgrade a été une épreuve pour Véro, comme d’habitude. Suivre Manu dans les méandres de la circulation est toujours un grand moment. « Mais tu n’as qu’à te couler dans la circulation ! », sauf qu’en étant derrière et ne roulant pas à 50 km/h, on se tape quelques bus, feux rouges etc…. et au carrefour suivant: plus personne ! En fait Véro ne se coule pas dans la circulation elle y coule au sens premier du terme…… GLOU….GLOU…..GLOU……

Nous avons rencontré en Serbie globalement assez peu de monde, nous avons du mal à être vraiment là, bien présents (ceci explique peut-être cela…) mais les quelques moments partagés lors des accueils warmshower ou sur la route auront été très sympas.

Les moments passés chez Ivana et Endre à Novi Sad, chez Vinko à Batina (pour notre seule et unique soirée en Croatie dans un endroit plein de charme, hormis les milliers de moustiques, au point que Vinko met parfois une moustiquaire sur sa tête pour travailler dans son jardin !) ont été l’occasion de passer de bons moments et de parler un peu de leurs pays. Nous sommes cependant un peu frustrés de ne pas avoir eu de « cours » sur les Balkans et sur cette histoire qui nous parait si compliquée.



Nous avons également rencontré à quelques jours d’intervalle 2 familles à vélo, la dernière étant celle de Damien et Dominique au Laos en janvier. Les « flochloandcoavelo » et les « petitssautsdepuces » sont partis fin mars pour l’Eurovélo 6 avec chacun 2 petits bouts (et un 3ème en cours pour Hélène et Sébastien !), bien méritants au vu de la météo. Ce fut à chaque fois un très chouette moment au bord de la route, permettant d’échanger joies et galères. Bonne route à tous. (on trouve leurs blog sur une recherche sans les guillemets)



Les passages dans les multiples parcs naturels ont été un régal pour les yeux de tous… Nous avons vu une multitude d’animaux (des chevreuils, une biche, un faisan, des colverts, des cigognes et hérons, des lièvres mais surtout une quantité incroyable de sangliers avec leurs marcassins, avec même un qui est passé à moins de 15 mètres de nous « un peu affolé » mais rassuré par l’absence de fusil… mais également une quantité effroyable de moustiques avides de sang buriné par le soleil et affuté par les km. Bref nous sommes des serials victimes et eux des vampires insassiables…. Une véritable plaie.

Nous avons également vu des animaux moins amicaux, de très nombreux serpents (normalement des couleuvres) qui ne sont pas forcément rassurants quand on doit trouver un endroit pour le bivouac de la nuit.

La photo de Véro est floue, c’est à cause de la vitesse qu’elle est capable d’atteindre maintenant (encore que là elle était en train de s’arrêter donc de mettre les disques de frein au rouge cerise (on ne bouffe quand même pas deux jeux de plaquettes de freins avant pour rien…. Hein Daniel !!!!!). Elle a donc mis en défaut le dernier reflex NIKON pourtant en mode vitesse et rafale…. C’est dire……

L’étape serbe se sera également déroulée sous une météo pas forcément amicale et plutôt froide Bref on sent qu’on se rapproche de la maison ! On n’a pas eu de soucis pour l’instant avec les crues exceptionnelles du Danube, effectivement impressionnantes depuis l ‘arrivée en Hongrie.

Petite note complémentaire sur le matériel: clin d’œil au billet précédent!

Le garde-boue sur le vélo de Véro.

Concept : Tim et Claire

Coût : quelques centimes

Réalisation et maintenance : très facile

Efficacité : parfaite

Comme quoi !...

Thursday 30 May 2013

Petit retour sur le materiel

Pour la majorité des amis vous pouvez passer ce billet, sans réel intérêt pour vous quoique j’en connaisse certains qui voyagent à vélo.....

Après 9 mois de voyage, voici un petit retour sur le matériel que nous avons utilisé.

Pour les vélos :

Aucun problème, aucune crevaison, les pneus Schwable (pour nous le modèle extrême qui a un bon rendement avec un dessin pas mal VTT) sont vraiment impressionnants et présentent seulement une légère usure (après presque 7000km).

Les selles Brooks sont d’un confort absolu (après quelques km quand même) surtout que nous n’avons pas de cuissard de vélos et pédalons avec des shorts standards .

Le moyeu Rolhoff sur le tandem ronronne à merveille, et c’est vraiment très confortable à utiliser dans le cadre d’un voyage. C’est cher à l’achat mais cela dure la vie des rats (voir presque sa vie de cyclo voyageur). Avec le temps on prend vite gout à cet engin……

Les poignées Ergon sont également très confortables même si j’ai dû mettre de la guidoline dessus car elles commençaient à coller un peu (la température asiatique avec la transpiration en sont peut être responsable)

Les porte-bagages en alu (Axiom à l’avant pour pouvoir s’adapter à une fourche hydraulique standard et topeak à l’arrière) n’ont posé aucun problème. Les Axiom ( http://www.axiomgear.com/products/gear/racks/ ) à l’avant ont la particularité de se fixer avec l’axe de roue avant, et de se serrer à la fourche avec de gros « U » anodisés.

Les remorques Bob et la panoplie des sacoches Ortlieb sont fiables et d’une qualité irréprochable.

Pour ceux qui utilisent des pédales automatiques, il faut prendre des Shimano car on peut trouver des cales de rechange partout ce qui n’est pas le cas des autres marques . En règle générale préférer le Shimano comme périphérique pour d’éventuelles pièces détachées. Toujours pour les pédales automatiques j’ai trouvé en Thailande des Keen http://www.keenfootwear.com/fr/fr/wall/shoes/men/pedal spécifiques pour vélo avec la possibilité d’adapter des cales. Deux modèles sont dispo … produit incroyable, bien protecteur, confortable, pas trop moche, bref incontournable pour l’été. J’ai le modèle cuir moins ouvert que l’autre donc peut-être un peu plus chaud… le modèle taille normal…

Des lumières peuvent être très utiles en Asie. La nuit arrive peu après 18 heures…. Et il fait très très noir….

Le moyeu dynamo couplé à un ewerk est utile si on prévoit de faire beaucoup de camping sauvage, on arrive à recharger presque tout sauf le PC.

Le GPS : (Prévoir un modèle qui peut fonctionner sur de L’USB avec la dynamo et l’ewerk sinon c’est accu) pour moi c’est utile voir indispensable dans les grandes villes et globalement sur l’ensemble du parcours. On peut trouver des cartes en Open sur le net (http://garmin.openstreetmap.nl/ ) et avec une petite gymnastique les mettre dans Mapsource et dans le GPS (avec Mapinstall). Pas mal de renseignements sont déjà présents sur ces cartes (les campings, Guest-house, hôtel, banque, musée….)

Un compteur kilométrique avec la température permet de se faire peur…… (avec le chaud et le froid).

Notre fabuleuse caisse en plastique pliante que nous a donné un commerçant (encore merci à lui) au bord du Rhône, 2 jours après le départ. Elle nous sert de transport de nourriture et est en définitive notre placard-frigidaire….. indispensable….

Une béquille solide: allez voir sur http://www.cyclo-randonnee.fr/ (il n’y a pas que des béquilles mais un ensemble de choses très bien). Beaucoup de choses viennent de là bas. Julien est en plus quelqu’un de super sympa

Le reste :

L’évier Ortlieb (ou Vaude ) est quasi indispensable car il sert à tout, vaisselle, lessive, mini baignoire. Préférer le grand modèle si on est plusieurs. La pompe Katadyn Pocket est très pratique, très fiable, sans entretien complexe ni filtre supplémentaire à avoir ou acheter, un peu cher mais indispensable en Asie ou si l’on doute de la qualité de l’eau. Une vache à eau (MSR Dromedary) est egalement utile pour faire le complement vaiselle cuisine.. en camping sauvage

Nous avons eu quelques soucis avec les piquets de tente en Nouvelle Zélande, mais a priori toutes les tentes souffrent en Nouvelle Zélande à cause du vent. Ils ont des pinces à linge spéciales NZ pour le vent, c’est dire… Le service SAV de Helsport a très bien réagi par l’intermédiaire de leur commercial et nous a renvoyé le matériel de remplacement sans poser de problème.

Nous avons des oreillers Thermarest et un Trangoworld autogonflant, les Thermarest sont peut-être un peu plus confortables, mais plus volumineux.

Les matelas autogonflants Thermarest sont sans surprise, confortables et indestructibles. Les Kindles (ou autres liseuses) : INDISPENSABLES pour pouvoir lire ; on peut gérer une bibliothèque avec un PC portable (j’utilise Calibre (soft freeware)) c’est très bien et cela convertit tous les formats en fonction de votre type de liseuse. On trouve une énorme quantité de livre sur http://www.teamalexandriz.org/ en gratuit avec également des livres pour les enfants. Une mine d’or !!!!!)

Pour les duvets : Les Nanoks confort 0°C sont très bien.

Une bâche en plastique assez épaisse est également incroyablement utile pour se protéger de la pluie, manger le midi et le soir quand on fait du camping sauvage, servir de tapis de sol avant d’entrée dans la tente....

Le vestimentaire :

Un chapeau est préférable (en tout cas pour moi) à une casquette, il évite les coups de soleil sur les oreilles…. Et protège également de la pluie. Bref maintenant je suis comme les cowboys je ne l’enlève que pour dormir et me laver ….. Tornado , adosdecheval…… c’est facile (merci Sylvain).

2 petits commentaires de Véro :
l’indispensable » pour Manu ne l’est pas forcément pour moi… J’ai par exemple pédalé depuis le début avec de simples sandales (mais sans pédales auto)… Quant aux multiples appareils électroniques, ils ont une utilité certaine mais peuvent être assez chronophages dans leur utilisation, que ce soit pour la navigation, ou pour échanger des nouvelles, sans pour autant être nostalgique de l’époque où on voyageait incognito au gré du vent. Bon d’accord, il faut vivre avec son temps ! et surtout ne pas devenir esclave de tout ce matériel, malgré tout bien pratique...

La Roumanie, court mais intense...

Nous descendons donc du train à Giurgiu dans une ville frontière. Une gare fantôme entièrement délabrée. Le ton est donné….

En arrivant de Turquie, le contraste est saisissant. Nous partons donc dès le début avec pas mal d’à priori, et l’accueil au premier hôtel ne va pas tout de suite nous faire changer d’avis.

On est d’emblée frappé par le nombre de vélos et de carrioles tirées par des chevaux : plus nombreux que les voitures ! Les gens sur notre début de parcours sont peu accueillants (voir même déplaisants), les villages sont tristes, beaucoup de gens sont assis sur le devant de leur maison et regardent la journée s’écouler au rythme des heures qui passent. Il y a beaucoup de belles maisons délabrées et d’usines désaffectées.

Plus nous allons aller vers l’ouest et plus l’atmosphère va se « détendre ».

Nous avons passé une première nuit dans un monastère orthodoxe et ensuite deux « chez l’habitant » où nous avons rencontré Mihaela et sa famille et ensuite Helena.

Chez Mihaela, on va comprendre que la Roumanie est en crise (et gravement), que les gens ont été formaté par trop d’année de communisme et de dictature et que cette empreinte est encore forte. Elle nous explique également que les Roumains souffrent d’être assimilés aux gens du voyage. D’ailleurs les sœurs du monastère ont eu peur en nous voyant arriver, la mère supérieure a demandé à voir nos passeports et on a compris quand le Padre nous a demandé le lendemain si on était des gens du voyage. Une fois rassurés, l’accueil a été charmant !

Helena va nous accueillir chez elle, nous sortir une nappe, de vraies assiettes et des draps qui sentent bons… Elle fera même notre vaisselle et nous proposera de passer nos vêtements au lave-linge, la gentillesse à l’état pur.

Ces accueils se feront avec une contribution financière (sauf le monastère), mais vu les besoins, c’est plutôt un coup de main …. Les gens parlent peu anglais, Mihaela parle espagnol car son mari a travaillé un temps en Espagne et le roumain ressemble un peu à l’italien, parlé par Helena car ses 2 filles vivent en Italie. Après avoir essayé de se remettre à l’allemand en Turquie, on finit par faire de drôles de mélanges !

Les routes sont monotones avec des champs cultivés à perte de vue et en plus le vent en pleine face, comme d’habitude, 2ème plaie du cycliste après les moustiques des bivouacs.



Nous rencontrons un français de 24 ans venu s’établir ici 5 ans plus tôt ans pour créer une exploitation agricole de 20 000 hectares (la plus grosse du secteur est de 70 000 hectares !et tenue par un Roumain). La plupart des gros exploitants de la région ne sont pas roumains. Il nous dit qu’ils n’ont pas bien envie de travailler et préfèrent rester cultiver le peu de terre qu’ils ont, en étant pas riches mais pas stressés. Il nous rassure sur le camping sauvage en nous disant que les gens ne vont pas nous attaquer mais qu’il ne faut pas laisser d’affaires sans surveillance…. On ne comprend pas bien pourquoi l’Europe a intégré ce pays (idem pour la Bulgarie), peut-être pour les immenses champs de céréales qui sont plantés ici.

Nous quittons la Roumanie après seulement 1 semaine de route entre Giurgu et Calafat, forcément insuffisant pour vraiment découvrir ce pays. Nous traversons le Danube sous un orage incroyable, et passons en Bulgarie pour une cinquantaine de km. La Bulgarie paraît encore plus pauvre, les rares villages traversés semblent avoir été quasiment abandonnés.

Puis nous arrivons en Serbie à Negotin. Suite au prochain épisode…

Plus on se rapproche de la maison et plus le climat change vers le moins bien... crotte de crotte...

Friday 17 May 2013

Inattendu

Nous terminons notre périple turc avec le désir de revenir. Nous avons beaucoup aimé le mois passé ici, que ce soit les rencontres, les routes ou les paysages. Certes, les petites routes sont globalement en mauvais état, les aboiements des nombreux chiens remplacent les coqs Laos, on ne trouve pas de camping, l’appel à la prière à 5h du mat n’est pas toujours bienvenu (surtout quand il y a plusieurs mosquées et que les muezzins ne chantent pas en même temps, qu’on a déjà été réveillé plusieurs fois par les coudes de Zacharie, par les aboiements des chiens précédemment cités, ou par divers bruits selon l’originalité des campements). Mais ce n’est pas grave, on s’est régalé, malgré toujours quelques difficultés (pour être soft…) avec un de nos fistons, mais c’est une autre histoire !

Une fois de plus, nous avons bien senti la différence entre les endroits touristiques (bords de mer) et les autres, bien que la saison touristique n’ait pas commencé. Les traversées des villages et les petites routes de campagne sont toujours un enchantement : visages incroyables des vieux (hommes) aux terrasses des maisons de thé, nombreux sourires ou gestes amicaux, routes pavées, scènes d’un autre temps avec de vieilles carrioles tirées par des chevaux ; on a croisé énormément de bergers qui venaient souvent nous voir sur nos campements, on a même vu un troupeau de buffles conduit par un chameau ! et un gars à cheval. Dans un petit village de montagne, Véro a été invitée à boire le thé par une femme (Selisik à Yolculuklar) pendant que les garçons le prenaient au café ; elle avait un dictionnaire turc/anglais qui a permis de « discuter » pendant une bonne heure. Parfois, de simples gestes et mimiques permettent de communiquer, comme avec ce vieux comique qui nous « disait » qu’on serait mieux en voiture avec nos gosses, des lunettes de soleil sur le nez et les vélos dans le coffre.

Nous avons également fait de chouettes rencontres dans des lieux improbables avec quelques situations surréalistes. Nous avons campé un soir devant des résidences secondaires plutôt bourgeoises, lorsque nous avons rencontré Alper qui avait mille questions à nous poser, et chez qui nous avons pu nous doucher (pas du luxe). Nous avons dormi dans un jardin public surpeuplé à Kesan où nous avons rencontré Ali, Meriem et Omar avec qui nous avons partagé des Lahmacun (sorte de pizza) et le fameux Ayran (yaourt discrètement salé dont les turcs raffolent).

A Uzunköprü, nous avons dormi dans une cour d’école après avoir été escorté par la police et fait déplacer une partie des « huiles » de la ville ; le soir venu, Melek, rencontrée au commissariat, est venue avec son mari et sa fille discuter avec nous et nous apporter de délicieux Gözelme (feuilletés au fromage), nous proposant une douche que nous avons refusée (erreur fatale), pensant trouver un camping le lendemain après 1 semaine de camping sauvage. On apprend la toilette de chat dans les WC, ou à la fontaine publique devant la gare !

Nous avons décidé de traverser les montagnes bulgares en train pour rejoindre l’Eurovélo 6 en Roumanie, les enfants commençant sérieusement à fatiguer. Nous avons attendu une journée à la frontière, le camping annoncé n’existant pas une fois de plus. Nous avons bu un verre de vin avec un couple d’anglais très sympa avant de déplier les duvets dans le hall de la gare pour attendre le train à 3h du mat. Le départ a encore été épique. Il a fallu rentrer les vélos dans un compartiment couchette (facile avec le tandem !), mais grâce à la gentillesse des employés et moyennant un petit pourboire côté bulgare (…), tout s’est bien passé.
A la frontière nous avons quand même trouvé un hôtel pour se reposer un peu, enfin se laver et laver quelques affaires qui commençaient à tenir un peu debout toutes seules. La douche, le shampooing et le savon ont quand même tenté un délit de fuite, mais à quatre pour les contenir, ils n’avaient aucune chance…..

Et voilà, ça sent vraiment le retour, mais on en a plein les yeux, les oreilles, les papilles et les narines, heureux de ce qu’on a vécu, heureux aussi de rentrer à la maison et de retrouver Gabriel. Mais il nous reste encore quelques 3000 km et de beaux moments en perspective…

Sunday 28 April 2013

Que du bonheur

Nous quittons Kerem en espérant vivement le revoir, en France ou en Turquie. Le départ d’Istanbul se fait en bateau en direction de Bandirma, à 50km/h sur l’eau, avec une impression de décollage comme en avion (impressionnant).
Nous sortons de Bandirma pour nous engager sur des petites routes. Nous nous arrêtons dans une sorte de coop agricole (production de graines d’oignons) pour demander où planter la tente. On nous propose un appart à l’étage de la coop, sommaire mais parfait pour nous (un endroit de plus à la collection). Le lendemain matin, une femme nous apporte des énormes tartines (sorte de pain perdu) pour le petit dej…
En chemin, on se fait inviter à prendre le thé (une constance ici) par un médecin qui est en pause déjeuner dans le cabinet d’assurance de sa femme. Thé, jus d’orange et délicieux chocolats. Nous regardons tous ensemble le film qu’il a fait la veille lors d’un de ses périples en ULM. Il nous laisse son numéro de téléphone au cas où nous aurions un souci en Turquie…
La seconde nuit se passera dans un champ avec un magnifique coucher de soleil après un col sympa.
Les routes sont très belles, cabossées comme il faut, avec peu de circulation, de très grands espaces, du beau temps, de la chaleur juste bien, du vert, du jaune éclatant, un vrai ciel bleu, des chants d’oiseau (beaucoup de coucous, de tourterelles), l’odeur des pins…... Il ne manque qu’un bon crumble de Séverine... (elle comprendra) (en camping avec un réchaud à essence, c’est pas si simple). Les places des petits villages sont pleines de charme également. Il suffit de s’asseoir avec son Döner Kebab et de regarder les vieux siroter du thé. Attention les regards, quelle fierté ces turcs !
Le prochain bivouac se fera dans un tout petit village où presque tout le monde vient nous voir. Zacharie et Ulysse font un match de foot avec les enfants du village, on nous apporte salade, oignons, lait …
Le lendemain, alors que nous remplissons nos gourdes à une source dans un autre village, une personne nous apporte des crêpes au fromage et épinard, un délice… comment Manu va t’il maintenir sa ligne… surtout que les pâtisseries ne sont pas si chères, et caloriques à souhait…. Encore une nuit dans un champ et c’est l’arrivée à Bergama ; on se rend compte qu’on devient de plus en plus sauvage, et qu’on préfère les petits coins sauvages…
Demain ce sera visite de l’acropole et bains turques ensuite (faut quand même pas déco….)
Il fait 35°C, c’est tempête de ciel bleu, l’hospitalité turque n’est pas que légendaire, on reviendra c’est sûr ….

Istanbul

Déjà 2 semaines que nous avons décollé de Bangkok.
En sortant de l’aéroport à Istanbul, on retrouve le froid et la pluie ! Nous avons perdu 30° en 24h… La circulation est anarchique et dangereuse. Notre pire expérience depuis notre départ de France. On apprend de suite à se méfier des bus qui n’hésitent pas à vous faire des queux de poisson que même Manu n’oserait pas faire. L’atmosphère est complètement différente de ce qu’on a pu vivre en Asie du Sud-Est, globalement moins zen…
Pour le reste, que du bonheur : un accueil extraordinaire chez Kerem, incroyable warm shower. Nous étions hébergés chez lui en même temps que Amie (américaine), Olli (finlandais et compagnon de Amie) là depuis 3 semaines et Breadt (américano-britannique arrivé quelques jours avant nous), tous les 3 très sympas, également cyclo-voyageurs. Deux australiens et un suisse avaient quitté l’appart le matin de notre arrivée. Ce sont nos 3 compères qui nous ont accueillis car Kerem était au boulot !
Joëlle et Lionel nous ont fait un sacré cadeau en nous rejoignant pour le WE, avec 2 sacs à dos remplis de présents qui ont réjouis nos papilles (et des teeshirts pour faire plaisir à Youssef), en plus des petites douceurs des parents de Véro. Ils nous ont également apporté le soleil, ce qui nous a permis de visiter le vieil Istanbul avec de belles lumières. La mosquée bleue, Ste Sophie, la citerne basilique, la grande mosquée de Soliman le magnifique où nous avons pu assister à la prière, la magnifique petite mosquée de Sokollu Mehmet Pasa, le bazar égyptien, les pâtisseries (n’est-ce pas Joëlle ?!), le quartier de Galata jusqu’à Taskim. Nous avons mangé de délicieuses brochettes dans de minuscules restaurants. Le pain remplace le riz, les crudités remplacent les légumes cuits, et on retrouve le sucre et les graisses des pâtisseries, probablement responsables des formes généreuses des femmes d’un certain âge…
Nous sommes restés un jour de plus pour présenter notre voyage (en anglais traduit en turc !) à la demande des jeunes gérants d’un nouveau magasin de vélo orienté sur le cyclo-rando (notre première conférence avant certainement notre futur livre encyclopédique et notre film produit par Universal… !!!!!) Nous leur souhaitons une belle réussite.
Un peu de pub au passage : Le meilleur magasin de cyclo rando que l’on ait vu jusqu’à maintenant. On trouve de tout pour le voyage (vestimentaire-vélo-camping), ils sont revendeur Rohloff, parlent anglais….et sont super sympas….. que faire de mieux
Leur site : http://www.bisikletgezgini.com/english/
Et une fois de plus, il faut se séparer, de Olli, Amie et Breadt qui partent vers la Géorgie, de Kerem qui rêve de son futur voyage où il sera accueilli par tous les gens qu’il a hébergé, et de Joëlle et Lionel qui nous devancent un peu sur le chemin du retour.
Cap au sud pour Bergama.

Saturday 13 April 2013

Bientôt le dernier avion....

Notre périple sud asiatique se termine.
Sur le chemin, nous avons assisté avec émerveillement à la cueillette des noix de coco par des singes étonnants (ci-joint un petit film). Nous nous sommes désaltérés avec le jus bien frais contenu dans le fruit, offert par un des « maîtres-singes ». Nous avons vécu plein de chouettes moments avec les Thai rencontrés sur le bord du chemin, en dehors des lieux touristiques où l’on a le sentiment d’être un porte-monnaie ambulant, sans même avoir droit à un sourire. Classique !

L’île de Ko Tao en fait partie mais les magnifiques plages ont suffi à notre bonheur. Zacharie a fait un baptême de plongée et il en est encore émerveillé. « trop bien, le plus beau jour du voyage, je voudrais trop en refaire etc… » Manu a également plongé pendant que Véro et Ulysse (trop jeune pour un baptême) se régalaient avec masque et tuba.

Pour les mathématiciens, nous avons passé là-bas les 5000Km depuis le début du voyage.

Nous avons « visité » Bangkok de façon un peu atypique : pas de musée national, de temple ou de palais royal (pas vraiment d’enthousiasme des membres masculins de la famille) ; les garçons se sont bien amusés en vélo dans les embouteillages sur les grandes artères du centre-ville et ont beaucoup aimé la ferme aux serpents de l’institut Pasteur. Zacharie a pris un monstre (Boa) sur ses épaules… Véro a préféré regarder les Chinois faire du Tai Ji à l’aube dans un des parcs de la ville. On a également eu droit à de grosses averses tropicales, petit clin d’œil la veille de la fête de l’eau (Songkran, nouvel an bouddhique, traditionnellement le jour de plus chaud de l’année) où il est difficile de circuler sans se prendre un seau d’eau sur la tête. Les enfants ont participé activement !

Demain, dernier vol pour Istanbul avant le retour par l’Eurovélo 6.

Tuesday 2 April 2013

Thailande

Nous avons quitté le Laos après presque 2 mois, non pas pour les belles montagnes du Yunnan ou les steppes mongoles comme prévu initialement, mais pour la Thaïlande, avec un certain nombre d’aprioris…

Dès le passage de la frontière, on s’aperçoit vite que le développement économique est supérieur. Le pays n’est pas communiste comme ses 3 voisins mais aussi patriotique avec des drapeaux partout. Les photos du roi sont également omniprésentes. Les routes et les paysages nous rappellent curieusement la Nouvelle Zélande (par la flore, les longues lignes droites, la signalétique routière et aussi le fait que l’on roule de nouveau à gauche) avec une différence notable : il fait 20° de plus ! Les gens sont plus indifférents qu’au Laos mais ce n’est pas désagréable de ne plus être pris pour des extra-terrestres. Ils sont cependant très gentils et Ulysse a toujours autant de succès. Nous avons rejoint la ville de Chang Mai, dans le nord, avec plein de chouettes moments ; une journée de route avec Maeva, partie en vélo pour une durée indéterminée, une nuit dans un temple bouddhiste (sympa le réveil à 5h avec le gong), l’accueil chez John, un drôle d’anglais qui cultive des légumes bio, 2 jours au Resort de Paulo et Jean-Jacques (où nous étions seuls pour profiter de la piscine et écouter l’analyse de Paulo sur la France et les français…), la rencontre de Xavier qui a sillonné une partie du monde à vélo et qui nous propose de nous héberger, ou encore le court et sympathique moment passé avec Julien, également cycliste, qui bosse pour une petite ONG avec un investissement personnel impressionnant.

Nos papilles se régalent de fruits (des ananas à tomber par terre) et légumes sautés (relevés avec sauce aux huitres, soja, lait de coco et un peu de sucre, un délice !). Chang Mai est massivement investi de touristes, ce que l’on craignait vraiment en Thaïlande, mais le vélo, toujours lui, est là pour nous emmener sur des chemins de traverse.

Après l’avion, le bus, le camion puis le bateau, nos vélos vont voyager en train pour nous rendre au sud de Bangkok le long de la côte Est. 28h de train (dont 7 h de retard), une autre expérience !

A Hua Hin, nous avons enfourché de nouveau nos vélos pour descendre plus au sud. Nous avons passé 2 jours dans un centre de vacances de l’église protestante thaïlandaise (les chrétiens représentent 1% de la population) où se déroulait une rencontre de jeunes. On a participé avec plaisir aux débuts de veillée avec jeux et chants (Pierre et Annabelle, on a trouvé vos homologues Thai !!!) mais la conférence en Thai sur la spiritualité a eu moins de succès !

L’ambiance bord de mer invite vraiment au farniente mais la chaleur insoutenable nous oblige à nous adapter. Nous avons essayé de camper pour réduire le budget, mais après une nuit à perdre des litres de flotte, nous avons renoncé. On décide finalement de partir le matin à 6h où il fait déjà 25 à 28°C, pour s’arrêter à midi (un petit 48°…). Certains manquent de soleil et de chaleur, d’autres en ont trop…Les baignades dans la mer sont comme un bain chaud, la mousse en moins. Les enfants sont ravis…. Ils peuvent rester dedans aussi longtemps qu’ils le veulent, nous un tout petit peu moins car on ne se rafraîchit même pas (on ne va quand même pas trop se plaindre) ! Ulysse a fait de gros progrès et il a beaucoup moins peur de l’eau.

Les petites routes (de Prachuap Khirikhan à Chumphon pour le bateau) qui suivent la côte sont sympas, hormis les chiens sauvages qui semblent se reproduire comme des lapins et qui n’ont pas la nonchalance des chiens laos. On expérimente différentes techniques pour éviter de se faire courser ! Il y a des resort et hôtels de luxe partout, quasiment vides. On se demande comment ça tourne.

On projette de passer quelques jours sur une île (Ko Tao), histoire de voir quelques fonds marins puis retour sur Bangkok avant le départ pour la Turquie, où on amorcera doucement notre retour à la maison...

Thursday 14 March 2013

Laos suite et fin

Le passage à Louang Phabang nous a permis de retrouver Michel et Karin, un couple Belge que nous avions déjà croisé à Tad Lo et à Vientiane, et également un jeune couple américain rencontré à Vientiane et Vang Vieng.
Le monde du vélo est tout petit mais surtout, un tandem, un VTT avec une remorque, et un vélo enfant, le tout attaché ensemble n’est pas commun et se repère vite.
Luang Phabang est une ville très jolie, avec des arbres et des jardins partout. On y trouve de nombreux temples ; on a cependant l’impression que la population, en tous les cas dans les campagnes, pratique plus le culte des esprits que le bouddhisme. C’est également un endroit très chic et touristique, avec dans le nord de la ville des guest et hôtels somptueux.
Apres quelques jours passés là-bas, nous avons roulé pendant deux jours avec Michel et Karin en direction d’Oudomxai. Deux jours très sympas où nous avons campé dans la cour d’une école (première fois que nous ressortions la tente depuis notre arrivée en Asie ) et où les enfants ont profité (avec bonheur) de la compagnie d’autres personnes que leurs parents. Michel a longtemps travaillé à l’étranger ; c’était intéressant de discuter avec lui de l’évolution du pays (parti unique, corruption, défaillance de l’éducation, tourisme etc …).
Nous les avons quitté pour reprendre un minibus afin de passer 4 cols plutôt très durs sur une route en très mauvais état pour arriver à Oudomxai, une ville où 25% de la population est chinoise…
Le bus s’arrête dès qu’une personne lui fait signe. Il finit bondé et surchargé avec sur la fin une jeune fille sur les genoux des 2 passagers de devant, sympa …
Les 3 jours de route qui vont nous amener à Pakbeng seront magnifiques. Le profil est très cabossé, les paysages verts, boisés et calmes, les villages traversés très authentiques car quasiment aucun touriste ne s’arrête là. La douche se prend en plein air à l’unique point d’eau du village, les femmes filent le coton après la récolte et le tissent, on a le temps d’observer quelques moments de la vie quotidienne.
La concurrence pour l’hébergement est absente, donc « on prend ce qu’il y a et on ne fait pas les difficiles», en conclusion on dort dans des taudis, surtout le dernier…. où même Monsieur Propre ne veut plus aller car c’est beaucoup trop dangereux pour lui……
Le « Sabaidee » (= bonjour) des hordes d’enfants, prononcé Sabaideeeeeeeeeeeee qui traine en longueur, crié ou souvent hurlé, pendant ou après notre passage, est sympa et drôle les premiers temps, un peu moins dans une bosse où l’on cherche des forces et un peu d’air pour arriver jusqu’au sommet.
Les coqs….. Et dire que c’est l’emblème de la France…. Mais qu’est-ce que c’est con, un coq…. Moi qui croyais qu’ils chantaient uniquement au lever du jour… Non en fait ils chantent tout le temps à n’importe quelle heure du jour mais surtout DE LA NUIT en se répondant mutuellement à travers tout le village et parfois de villages en villages. J’ai souvent rêvé, la nuit, d’un de ces foutus coq au vin jaune (avec du riz, Asie oblige…..), le problème ici… c’est le vin jaune…..
Demain nous embarquons sur un Slow boat pendant une journée qui va nous emmener à la frontière thaïlandaise en empruntant le Mékong.

Friday 8 March 2013

Le Nord du Laos

Vientiane, capitale qui ne nous a pas vraiment séduits, même si on y a fait de belles rencontres, en particulier Karin et Michel de Belgique, et Pauline et Cédric qui nous ont gentiment proposé d’essayer leur tandem Pino (celui de devant est couché).
Le nombre de belles et grosses voitures est encore plus impressionnant que dans le reste du pays. D’après les dires des nombreux voyageurs qui sont déjà venus au Laos, le pays change à une vitesse astronomique avec l’argent du tourisme. Les chinois sont très présents, comme les Thaïlandais. Le Laos a d’ailleurs toujours subi l’influence de ses puissants voisins Vietnamiens, Thaïlandais et Chinois. A suivre…
Nous avons visité une expo sur différents appareillages et prothèses de membre dans un centre de rééducation ; les patients souffrent de malformations congénitales ou d’amputations suite à des accidents avec des engins explosifs. Le Laos a en effet été massivement bombardé par les américains pendant la guerre du Vietnam et le déminage n’est pas totalement terminé, bien qu’on ne voit pas partout des gens dramatiquement mutilés comme au Cambodge.
Nous avons surtout profité de ce temps pour prolonger notre visa Laotien et faire nos visas pour la Thaïlande. Nous avons en effet changé notre feuille de route initiale, pour plusieurs raisons, la principale étant les enfants. 1 an nomade à vélo avec des enfants (en tous les cas les nôtres) nécessite quelques adaptations et une certaine souplesse... Le prochain pays sera donc la Turquie via Bangkok et non la Chine, pour rejoindre ensuite l’Eurovélo6. Le plus important restant le regard que nous portons sur le chemin…
Nous avons continué notre route vers le nord, de plus en plus montagneux et de plus en plus beau.
Nous avons passé quelques jours à Vang Vieng, haut spot pour les touristes avides de bringues alcoolisées. La police est venue faire le ménage suite à de nombreux accidents mortels. Pas évident de savoir ce que les Laos pensent de tout ça ; ce qui est sûr, c’est que l’argent coule à flot dans ces lieux touristiques. Le Laos serait le pays d’Asie du SE ayant eu la plus forte croissance l’année dernière.
Voyager à vélo nous permet de voir autre chose, et de vivre des moments savoureux ! Comme les repas sur la route où l’on doit aller en cuisine montrer ce qu’on veut parce qu’il n’y a pas de menu ou qu’il est uniquement en Lao, ou prendre le plat unique. Sur le plan gustatif, tout est alors possible ! Ou encore une soirée karaoké avec que des mecs, volume sonore à fond comme toujours, et des chansons d’amour, comme toujours. On finit par connaitre les tubes du moment (tout le monde est sous le charme......).
Nous avons ceci dit passé de chouettes moments à Vang Vieng. Nous logions dans une auberge sympa tenue par un anglais qui a vécu en Nouvelle Zélande marié à une Lao, comme de nombreux occidentaux (des baroudeurs qui sont restés et qui se font parfois plumer par leur nouvelle compagne…). Nous avons fait une journée de kayak, avec visite d’une grotte dans de grosses bouées (tubbing) que les enfants ont adoré. Cerise sur la gâteau, TV 5 monde repassait « Les bronzés font du ski », surréaliste dans le hall de la Guest House !
Après Vang Vieng, nous avons continué vers le Nord en direction de Luang Phabang, pour finir dans la benne d’un petit camion Hyundai car un de nos fistons ne voulait plus avancer. Ceci dit il y avait ensuite 3 cols à passer ; renoncer fait partie de la souplesse à avoir avec les enfants. Ce petit interlude nous a permis de manger dans un village Hmong, cette fois-ci très très loin des circuits touristiques. Le chauffeur essayait de nous expliquer quelque chose dont nous n’avons rien compris. Nous avons commencé à nous inquiéter sur la destination quand il a pris une route non goudronnée dans la direction opposée à celle que nous étions sensés suivre. Nous sommes arrivés dans son village accueillis par des regards étonnés devant ce drôle de chargement. 4 heures plus tard, nous retrouvions la route de Luang Phabang, toujours dans notre petite benne, pour quelques 150 km de route de montagne.

Merci pour tous vos messages, que ce soit sur le blog ou par mail. Et bon courage pour la fin de l’hiver. « Rien ne dure toujours ».

Wednesday 27 February 2013

Boloven - Vientiane

On a quitté le plateau des Boloven (l’endroit des cascades et des plantations de café– pour les photos, regardez le billet envoyé à notre école) où nous étions dans un coin splendide avec des Israéliens super sympas. Nous avons quitté Pakse (Guest house au bord de l’eau). Puis nous avons pris un bus pour Vientiane. Les vélos étaient sur le toit. À toutes les heures les gens venaient vendre des brochettes de poulet, de l’eau et du riz collant. Toutes les places étaient prises mais les gens continuaient à monter pour ensuite s’assoir sur les tabourets. Il y avait le volume de la télé au maximum. Il y avait tout le temps du bruit. On ne pouvait pas dormir. Il faisait très chaud. Nous sommes arrivés à 1 du matin après 17h de bus pour environ 600 km. Heureusement, on a trouvé un endroit pour dormir (un hôtel chinois).

Zacharie

Friday 15 February 2013

Bonjour l’école d’alby n°2

Merci pour votre message, c’est sympa d’avoir de vos nouvelles. On avait commencé un mail pour vous.

Nous avons quitté le Cambodge pour aller au Laos.

En ce moment, il fait 40° en moyenne, des fois 45 °et surtout ce ne sont pas les mois les plus chauds. La saison des pluies commence en général en juin.

Les gens sont super sympas. La plupart ne parlent pas anglais. Leur écriture est différente de la nôtre, car ils n’utilisent pas les lettres latines.

Les gens font la fête à toute les heures et quand ils la font ça fait beaucoup de bruit parce qu’ils mettent toujours la musique très fort et ils font des karaokés.

C’est tout plat (dans le sud) avec une ou deux montagnes par ci par là et donc qui nous permet de faire 70 km en moyenne (une fois 90 km !).

Les gens des villes sont plus riches.

Les moyens de transports sont motos, mobylettes (qui servent aussi de taxis avec des grosses remorques), vélos et voitures pour les plus riches. Les motoculteurs servent aussi à transporter les gens et le matériel sur les routes.

La religion est le bouddhisme et on voit des temples partout.

On répond à vos questions :

-Comment avez-vous trouvé le Cambodge?

Comme le Laos mais moins de montagnes.

-Y avez-vous préféré des choses par rapport à la Nouvelle Zélande?

Il fait plus chaud. On voit des animaux plus habituels, petits et grands, partout en liberté ; des chiens, chats (avec une toute petite queue) des poules et poussins, des canards, des cochons, des vaches et des buffalos avec leurs très grandes cornes.

-Comment sont les maisons?

Elles sont faites en général en bois et en paille (rarement en argile), en brique pour les plus riches. Elles sont très simples, il n’y a qu’une pièce parfois deux. Les maisons en bois sont sur pilotis pour se protéger des animaux et de l’eau pendant la saison des pluies.

-Que pensez-vous des paysages?

C’est tout brûlé par le soleil et les brûlis et l’absence d’eau, mais c’est plus vert dans les montagnes. On a vu une seule fois des rizières vertes parce qu’il y avait un système d’irrigation. Les bords de route sont très sales, tout le monde jette ses poubelles n’importe où.



-Comment les gens vivent-ils dans les maisons?

Ils y dorment seulement, tout le reste se fait dehors.

-Avez-vous vu des écoles?

Oui dans les villes et dans tous les villages.



-Tous les enfants peuvent-ils aller à l’école?

Dans les villages quelques-uns et dans les villes tous. L’école n’est pas toujours perçue comme une priorité par les parents et les maitres ne sont pas bien payés. Il y a donc souvent des élèves ou des profs absents (pour un oui, pour un non : une lessive à faire par exemple). Les enfants portent tous un uniforme.

-Quelle nourriture mangez-vous?

Les laotiens mangent soit du riz (collant = sticki rice, riz normal, et du riz entre les deux) avec des légumes et de la viande (porc, poulet, bœuf) ou des soupes (à base de pates, de légumes et de viande) tous les jours à toutes les heures (mais sur la base de 2 à 3 repas comme nous) mais ils ne mangent pas de produit laitier et peu de sucre. L’eau n’est pas potable et il y a souvent des coupures d’eau. En fait on mange globalement comme les gens ici.

-Et le Laos? Est-ce très différent?

Non c’est pareil avec peut-être plus d’argent que le Cambodge. On voit plus de maisons en briques et il y a de l’électricité dans presque tous les villages, contrairement au Cambodge.

-La chaleur est-elle vraiment difficile à supporter?

Oui c’est très dur surtout quand on est en plaine.

-Comment faites-vous pour vous en protéger?

On fait des pauses sous les arbres à l’ombre quand on fait du vélo, sinon quand on dort on met un ventilateur avec les moustiquaires (des fois la clim quand on est en ville…. Mais c’est très rare)

-Quels sont les outils utilisés dans ces deux pays?

Pour l’agriculture : Les motoculteurs, les bêtes, des sortes de machettes (et autres) super coupantes qu’ils fabriquent avec des forges. Ils coupent l’herbe à la main avec ce genre d’outil. Pour construire les maisons ils ont des outils un peu comme nous, des marteaux, des clous, des vis des tournevis, des perceuses, des rabots et des scies électriques. Ils fabriquent beaucoup de choses en bois très jolies.

-Y a-t-il des choses identiques à chez nous?

Les voitures (mais ce sont pour la plupart des asiatiques) surtout en 4x4. L’essence est très chère pour eux. Les gens ont tous un téléphone portable et beaucoup avec internet dessus.

On espère avoir encore de vos nouvelles.

Au revoir.

Zacharie et Ulysse.

Friday 8 February 2013

Passage à vide

Pour être honnête, il y a des jours où on se prend à rêver d’être à la maison devant un feu de cheminée après une belle journée de ski …

Emmanuel et moi avons eu la dengue, ce qui nous a bien « calmé » physiquement pendant une semaine, sans parler de la fatigue résiduelle. Nous avons perdu quelques kilos, j’en avais pas forcément besoin mais l’objectif d’une silhouette svelte est parfaitement atteint pour Manu ! Nous étions heureusement dans un endroit sympa où de jeunes français se sont un peu occupés des enfants. On se serait cependant bien passés de payer la tablette informatique de Raphaelle qu’Ulysse a fait tomber par terre… Il y a des jours…

La température extérieure ne cesse d’augmenter avec des pointes à 45°-46°C en milieu de journée, et ne redescend pas vite le soir. On dégouline dès le début de matinée, avec l’impression d’être collés au macadam… Les routes sont souvent sans intérêt, les paysages grillés par le soleil.

Comme les bonnes choses n’arrivent jamais seules, Zacharie a eu plusieurs gros coups de blues et voulait « tout de suite maintenant » un billet d’avion pour rejoindre ses grands-parents, ses copains et son école parce que ses 2 enseignants cette année sont vraiment trop nuls. Je ne sais pas de qui il tient ce regard noir et cet entêtement !

Pour qu’il n’y ait pas de jaloux, j’en ai profité moi aussi pour me faire une bonne petite remise en question, domaine dans lequel malheureusement j’excelle. Ceux qui me connaissent bien souriront…

Voilà, c’est juste une petite note d’humour noir pour vous confirmer, au cas où vous en douteriez, que nous sommes certes en voyage mais bien dans le fil de la vie. Nous venons de rencontrer une autre famille, dont les parents sont de vrais baroudeurs dans l’âme, auteurs d’un bouquin « L’échappée belle » que j’ai adoré (merci Delph). On parlait de ces moments de découragement et Dominique a eu cette chouette réparti sur la liberté que procure le voyage, qu’il convient de savourer sans modération.

On est actuellement à Pakse, toujours dans le sud du Laos, où on s’est offert une sympathique séance de massage, un repas indien qui a ravi nos papilles après 1 mois de Fried Rice, et … d’excellents pains au chocolat ! On part demain dans les montagnes, sur le plateau des Boloven, où on devrait trouver un peu plus de vert et de frais…

Friday 25 January 2013

Don Det

Apres le passage de la frontière, sous une chaleur torride, on passe notre première nuit au Laos à côté des chutes de Khon Phapheng pour pouvoir aller y jeter un œil le lendemain. On prendra ensuite la direction de l’ile de Don Det sur le Mekong.

Le transport se fait sur une sorte de grosse pirogue à moteur et les autres passagers ouvrent des yeux ahuris quand ils voient les vélos, la remorque et le tandem…



C’est la région des 4000 îles, et si on part du principe que pour être une île il faut pouvoir tenir debout, alors les 4000 îles sont tout à fait possibles. On trouve une Guest House qui loue des petites baraques avec terrasses et hamac, directement sur le Mékong, comme il en existe des dizaines sur cette île très (trop) touristique.

Le confort est sommaire, mais c’est très bien, très calme, et très tranquille. Les sanitaires sont en commun, et Manu pense à ses élèves du lycée quand il va au WC car il a oublié de leur parler du système de chasse d’eau que l’on peut voir ici : La casserole et la poubelle comme réservoir. Avantages : Economique, très fiable et efficace Inconvénients : demande de l’espace, look contestable si matériel bas de gamme (mais on peut se faire une déco sur la poubelle et la casserole !!!!)

On se sent en vacances, on se laisse bercer au rythme du fleuve et des petites embarcations qui passent, le tout dans le hamac avec un bon livre…. Il y a pire …..

Les enfants peuvent se baigner (si si….), faire du bateau avec les enfants des proprios, trainer au lit pour Zacharie, apprendre à jouer au Tarot, et accessoirement conjuguer le verbe travailler ou manier les nombres décimaux…

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